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09.02.2010

Santé et environnement: fusions ministérielles urgentes

Fusionnons les ministères de la santé et de l’environnement… Tel est en substance le sens du combat que, médecin, je mène – c’est peu dire – les mains nues, armé en cela de ma seule force de conviction…

Pour le reste, s’agissant notamment de mon pays d’origine (Congo-Brazzaville), mon combat – un combat de tous les instants – prend appui sur un certain nombre de faits édifiants et, parfois, terrifiants. D’où mon plaidoyer en faveur d’une fusion des ministères de la santé et de l’environnement. Et cet engagement se résume en:

1) Fondements et options (voir http://connect.docuter.com/documents/19640191124ac33e0c9d...) ;

2) Perspectives et orientations (voir http://filesocial.com/3mm593) ;

3) Enjeux et défis (voir http://www.scribd.com/doc/16107848/Fusion-des-ministeres-...).

 

Cordialement,

Docteur Michel ODIKA

08.02.2010

Congo-Brazzaville: modèle de complémentarité entre énergies fossiles et énergies renouvelables

Bref état des lieux…

Aussi surprenant que cela puisse paraître, le Congo-Brazzaville, quoique « petite » république d’Afrique équatoriale, ne s’en singularise pas moins par son statut, plutôt rare, de « double scandale géologique et énergétique ». Entre autres spécificités méritant que l’on s’y attarde, l’observateur averti et attentif retiendra notamment:

1) Que ce « petit » pays – excusez du peu – figure parmi les… premiers à avoir plébiscité, et même expérimenté – excusez encore du peu – l’énergie… solaire (voir http://www.mc2b-entreprise.com/test123/dossiers/dossier.p...) ;

2) Que les colossales ressources tirées de l’exploitation des hydrocarbures (dont le pays regorge au large du Golfe de Guinée) permettent, atout de taille, de financer l’indispensable promotion de ces énergies renouvelables, dont le Congo-Brazzaville, autre atout de taille, peut se prévaloir d’avoir l’un des potentiels parmi les plus impressionnants au monde (voir http://cahiers.blog.tdg.ch/archive/2010/01/23/hydrocarbur...).

 

Tout compte fait, le cas pour le moins emblématique, et plutôt édifiant, du Congo-Brazzaville, illustre à merveille, au point d’en être comme le condensé, les principaux enjeux du récent Sommet de Copenhague (voir http://www.congo-internet.com/congoforum/viewtopic.php?f=...).

 

Cordialement,

Michel ODIKA

 

26.12.2009

Marien NGOUABI et Ken SARO WIWA: portraits croisés

Même exigence éthique au service d’une même exigence écologique…

Marien NGOUABI et Ken SARO WIWA: qui sont-ils ? Essayons d’en dresser les portraits respectifs…

Tout d’abord, l’un et l’autre sont africains. Au péril de leur vie, l’un et l’autre se sont frottés, au risque de s’y heurter, aux soubresauts géostratégiques du tumultueux XXe siècle. N’empêche que l’un comme l’autre sont globalement méconnus, ou tout simplement inconnus, lorsqu’on se place à une échelle internationale. En quoi les deux personnages ont aussi payé un lourd, alors très lourd, tribut à toutes ces subtiles manipulations médiatiques à l’origine d’une multitude de falsifications historiques. L’occasion donc de rappeler, dans la foulée, que l’un et l’autre ont terminé leurs jours dans des conditions tragiques, Marien NGOUABI en se faisant… assassiner, Ken SARO WIWA en se faisant prendre puis… pendre.

Les deux « avant-portraits », si vous me permettez ce néologisme, sont peu réjouissants: je vous l’accorde volontiers, en vous demandant au passage de comprendre que je n’ai pas voulu gratifier les lecteurs de ces lignes d’un conte de fées. Pour être peu réjouissants, les « avant-portraits » brossés n’en constituent pas moins un ensemble d’éléments, déterminants, à partir desquels, telles les pièces éparses d’un puzzle, prendront corps et forme deux « portraits-robots », au fil d’un récit plutôt angoissant. Oui, je dis bien, et je le répète: angoissant… Qu’à cela ne tienne: la lecture de Soren KIERKEGAARD m’a récemment appris que « l’angoisse n’est rien d’autre que le vertige de la… liberté ». Soit dit en passant, c’est à dessein que j’ai employé le mot « portrait-robot ». Car Marien NGOUABI et Ken SARO WIWA ont été (comme) traqués comme des… criminels, leur crime étant d’avoir osé bousculer l’ordre des choses, ou tout simplement d’avoir éprouvé ce soupçon d’autre chose qui se nourrit de l’esprit fécond du doute. Mal leur en a pris…

Bref rappel des faits…

Concrètement et brièvement, Marien NGOUABI laisse le souvenir, impérissable, d’un homme d’Etat, plus précisément d’un chef d’Etat, et pour cause: il a été président du Congo-Brazzaville de 1968 à 1977. De son côté, Ken SARO WIWA, pour ceux, peu nombreux, qui le connaissent en dehors de son Nigéria natal, est actuellement connu et reconnu comme ce poète rare, donc précieux, dont l’Histoire, c’est connu, reste… avare. Cependant, chacun au-delà de sa sphère respective – l’arène politique pour Marien NGOUABI, la tribune littéraire pour Ken SARO WIWA -, les deux personnages hors du commun se sont brillamment illustrés par leur engagement au service du développement durable et équitable. Ceci dit et constaté, ici réside leur originalité, ici s’enracine leur authenticité, originalité et authenticité tirant leur principe, ainsi que leur justification, d’une même exigence éthique au service d’une même exigence écologique – ce n’est pas un jeu de mots – de… nature à menacer des intérêts économiques à caractère géostratégique. Affaire à suivre…  

Bien qu’étant originaire d’une « petite » république équatoriale, le Congo-Brazzaville, dont il a été le président, Marien NGOUABI n’en reste pas moins le seul chef d’Etat en exercice dans les années 1970 à s’être ACTIVEMENT, OUVERTEMENT et PERSONNELLEMENT engagé en faveur de… l’énergie solaire. Rappelons-le: pas grand-monde, si ce n’est… personne, parmi les contemporains du président congolais ne prenait alors l’énergie solaire au sérieux. Nombreux sont donc ceux, mi-indifférents mi-condescendants (pour les plus « sympathiques d’entre eux »), qui n’y voyaient guère mieux qu’une « coquetterie de salon » plébiscitée par « une poignée de marginaux en mal de snobisme à bon compte ». Erreur fatale, « présomption fatale » auraient renchéri les économistes (libéraux, s’il vous plaît) Friedrich von HAYEK et Milton FRIEDMAN. Explication: en cette fin d’année 2009, les menaces de réchauffement climatique font l’objet d’une brûlante actualité, colportée par une certaine fébrilité médiatique, soulignant la nécessité, cruciale et vitale, de développer des alternatives crédibles – parmi lesquelles figure en bonne place… l’énergie solaire – aux énergies fossiles, c’est-à-dire le pétrole et le gaz naturel, deux ressources dont regorge – c’est peu dire – le Congo-Brazzaville. Mais aussi et surtout – et il s’agit ici d’un verdict pour le moins cinglant: « ressources actuellement accusées d’aggraver le dérèglement climatique par ce phénomène mondialement connu sous l’appellation effet de serre ». Comme quoi: Marien NGOUABI[1] a pour ainsi dire anticipé, avec plus de trois décennies d’avance, le Sommet de Copenhague[2], conférence dont on sait qu’elle a eu pour ordre du jour les menaces climatiques pesant sur notre planète et les moyens les plus divers[3] d’y remédier.

Pour le reste, Marien NGOUABI avait déjà commencé à s’investir personnellement dans l’énergie solaire, allant jusqu’à nouer des contacts avec des physiciens de gros calibre en la matière, tout ceci avant d’investir au profit de cette énergie renouvelable les ressources financières de son pays, à commencer par celles, plutôt importantes, tirées de… l’exploitation des hydrocarbures. Le projet ne s’est malheureusement jamais concrétisé, pour cause d’assassinat, en 1977: rappelons au passage que cet assassinat a eu lieu à peine quelques heures après une réunion consacrée à… l’énergie solaire, réunion à laquelle avait participé un certain… Marien NGOUABI[4]. Toute une histoire, aurait écrit le romancier allemand Günter GRASS…

Autant Marien NGOUABI a déployé son courage et son audace dans le Bassin du Congo[5], autant Ken SARO WIWA[6], lui, a déployé l’essentiel de son énergie et de son engagement en faveur des populations du Delta du Niger, riche, alors très riche, région pétrolifère localisée à quelques encablures du Golfe de Guinée. Son « crime » est connu, et les « chefs d’accusation » qui lui ont été notifiés ne relèvent pas de la moindre ambiguïté: le fervent avocat des laissés-pour-compte, Ken SARO WIWA, a été condamné à mort (pendaison, 1995), pour avoir plaidé en faveur d’une répartition plus équitable des colossales ressources financières tirées de la manne pétrolière. Pire (pour une minorité), mieux (pour la majorité de la population de son pays), l’activiste des Droits de l’Homme au sens global et intégral du terme a aussi voulu concilier, si ce n’est réconcilier: exploitation pétrolière et prospérité économique profitable au plus grand nombre, exploitation pétrolière et responsabilité environnementale des multinationales opérant dans le Delta du Niger, exploitation pétrolière et cohésion sociale… Mal lui en a pris… Et, si j’ose dire, « mal en a aussi pris à son pays, le Nigéria. Car près d’une quinzaine d’années après la pendaison de Ken SARO WIWA, le Delta du Niger demeure l’une des régions les plus instables du monde, tout en étant l’une des régions du monde parmi les plus riches en réserves d’hydrocarbures, c’est-à-dire de pétrole et de gaz naturel…

Inutile d’en dire davantage, si ce n’est que, maintenant plus que jamais, les cas, autant édifiants que terrifiants, de Marien NGOUABI et de Ken SARO WIWA, s’offrent à la méditation et à la réflexion. Pour peu que l’on s’en donne la peine…

Michel ODIKA, le 26 décembre 2009    



[1]. Marien NGOUABI: chef d’Etat et écologiste avant l’heure (http://cahiers.blog.tdg.ch/archive/2009/12/09/marien-ngou...).

 

[2]. Sommet de Copenhague: espoir et désespoir en sursis (http://cahiers.blog.tdg.ch/archive/2009/12/18/sommet-de-c...).

 

[3]. Appel à témoins: Sommet de Copenhague oblige (http://cahiers.blog.tdg.ch/archive/2009/12/14/appel-a-tem...). 

 

[4]. Marien NGOUABI mérite largement d’être réhabilité. D’où la nécessité, amplement justifiée, de lui consacrer des publications.

 

[5]. Bassin du Congo: enjeu écologique et géostratégique du 21e siècle (http://cahiers.blog.tdg.ch/archive/2009/12/07/bassin-du-c...).